Un chiffre qui claque : moins de 2 % de rendement net pour les fonds euros en 2023. Depuis cinq ans, leur rémunération s’effiloche avec une régularité implacable. Les assureurs, de leur côté, resserrent les règles du jeu : versements limités, préférence marquée pour les unités de compte, plus volatiles, mais capables de doper le rendement.
À cela s’ajoutent des frais de gestion qui ne lâchent jamais prise, rognant chaque année un peu plus la rentabilité. La fiscalité, elle, se module selon l’âge du contrat. Inflation persistante, marchés en mutation : il arrive un moment où garder un contrat saturé de fonds euros mérite d’être remis à plat, parfois, la fermeture s’impose comme une option sérieuse.
Fonds en euros : quelle place aujourd’hui dans l’assurance-vie ?
Pendant des décennies, les fonds euros ont servi de colonne vertébrale à l’assurance vie, offrant un trio gagnant : capital garanti, accès rapide à l’épargne, et rendement régulier. Aujourd’hui, la donne a changé. Le rendement moyen des fonds euros stagne autour des 2 % nets en 2023, insuffisant face à l’inflation et aux ambitions des épargnants qui visent la croissance patrimoniale.
Leur mécanique repose largement sur un stock d’obligations d’État ou d’entreprises. Mais au fil du renouvellement de ces titres, les taux servis chutent. Résultat : la performance globale des fonds euros s’étiole. La garantie du capital reste là, certes, mais elle bride désormais la capacité à booster son épargne.
Les assureurs, eux, ont changé de cap. Les nouveaux versements sur les fonds euros se heurtent à des quotas, voire à des refus, pour pousser les clients vers les unités de compte : immobilier, actions, dettes internationales. Malgré un encours dépassant les 1 300 milliards d’euros en 2023, la suprématie des fonds euros dans l’assurance vie recule, lentement mais sûrement.
Pour comprendre ce glissement, voici les grandes lignes :
- Rendement fonds euros : en net repli, sous la pression du marché obligataire.
- Capital garanti : la sécurité demeure, mais la rentabilité s’émousse.
- Supports alternatifs : les unités de compte gagnent du terrain pour doper la performance.
Le constat s’impose : miser uniquement sur les fonds euros n’a plus la même pertinence. Même les profils prudents doivent envisager une nouvelle répartition, arbitrant entre sécurité et potentiel de rendement.
L’avenir des fonds en euros face aux évolutions économiques et réglementaires
Les fonds euros traversent une profonde transformation. La remontée des taux directeurs initiée par la BCE leur donne un léger répit, mais ne suffit pas à inverser la tendance de fond : le rendement moyen fonds reste plombé par des années de coupons faibles. Les assureurs, qui détiennent encore de nombreux titres à bas taux, manquent de marge pour revaloriser rapidement les contrats.
La garantie du capital n’est pas gratuite. Les règles de solvabilité imposent aux assureurs de muscler leurs réserves, ce qui rend toute prise de risque plus difficile et bride la performance. S’ajoutent les prélèvements sociaux qui s’appliquent sur les gains, réduisant d’autant la rentabilité nette pour les détenteurs de contrats.
La réglementation pousse clairement à diversifier. Les orientations politiques en France et dans l’Union européenne encouragent la montée des unités de compte. Les épargnants sont invités à accepter plus de risque, en échange d’une espérance de rendement supérieure. L’époque où le fonds euro dominait sans partage dans l’assurance vie s’estompe ; désormais, les portefeuilles se diversifient vers l’immobilier, la dette privée, voire les marchés d’actions.
Voici ce qu’il faut garder à l’esprit pour naviguer dans ce nouveau paysage :
- La liquidité reste un avantage, mais le contrat doit évoluer pour rester compétitif.
- Protéger son capital implique désormais d’accepter un rendement plus modeste.
- Les arbitrages entre sécurité et rendement deviennent déterminants dans la stratégie d’épargne.
Faut-il envisager de fermer son contrat en fonds euros ? Les bonnes questions à se poser
Le fonds euros garde une vraie singularité dans l’assurance vie : stabilité, capital garanti, liquidité à la demande. Mais face à un rendement moyen fonds en perte de vitesse, la question de la fermeture d’un contrat d’assurance vie investi sur ces supports mérite d’être posée en toute lucidité.
Avant toute décision, il s’agit de faire un point précis :
- Quel rendement net votre contrat délivre-t-il, une fois les prélèvements sociaux déduits ? Comparez-le à l’inflation et aux solutions du marché monétaire.
- Votre horizon d’investissement a-t-il changé ? Besoin de liquidités, préparation de succession, ou recherche de performance à long terme : chaque objectif oriente le choix.
- Êtes-vous prêt à tolérer davantage de risque ? Les unités de compte, l’immobilier avec les parts SCPI, ou d’autres actifs offrent des perspectives différentes, mais sans la garantie du capital.
Certains contrats anciens offrent encore des taux techniques attractifs ou disposent de réserves de participation aux bénéfices. Un arbitrage s’impose : conserver ce contrat, basculer sur des fonds euros nouvelle génération, ou migrer vers des supports plus dynamiques, au prix d’un risque fonds euros accru.
Les assureurs, pressurisés par les milliards d’euros gérés sur ces supports, limitent de plus en plus les nouveaux versements et révisent parfois leurs conditions de sortie. Il est donc judicieux d’anticiper ces évolutions : relisez la notice d’information, évaluez la pertinence de garder ce matelas de sécurité, ou d’ouvrir votre allocation à des placements plus diversifiés.
Conseils pratiques pour évaluer et ajuster sa stratégie d’épargne
Avant toute réorganisation, commencez par examiner la performance réelle de votre contrat d’assurance vie. Un fonds euros plafonné à 2,5 % net, quand certains placements monétaires flirtent avec les 3 %, perd clairement de son attrait. Ne négligez pas les frais de gestion : année après année, ils ponctionnent le rendement.
Regardez aussi du côté de l’allocation : la plupart des contrats d’assurance vie permettent d’arbitrer, souvent sans frais, entre fonds euros et supports en unités de compte. Pour les profils plus prudents, conserver une part importante en fonds euro garde du sens. Les plus offensifs s’intéresseront aux SCPI rendement ou à des fonds thématiques.
Pour affiner votre analyse, voici quelques points à passer en revue :
- Regardez la durée de détention : certains anciens contrats affichent encore des rendements fonds euros supérieurs à la moyenne actuelle.
- Évaluez la fiscalité en cas de rachat, notamment après huit ans, et l’incidence des prélèvements sociaux.
- Vérifiez les conditions d’accès : les nouveaux versements sur les fonds euros placement sont souvent limités ou conditionnés à une part d’unités de compte.
L’assurance vie garde toute sa souplesse : retraits partiels, arbitrages, versements complémentaires selon vos besoins et vos objectifs. La diversification s’impose : ni tout fonds euros, ni tout unités de compte. Trouver l’équilibre, préserver la sécurité sans renoncer aux opportunités : c’est là que se joue la performance de votre vie placement.
Le paysage change, les règles aussi. À chacun de revoir sa copie pour éviter de s’enliser dans des rendements qui n’ont plus rien de protecteur. À la croisée des chemins, l’épargnant averti garde la main, prêt à ajuster ses choix pour que l’assurance vie reste un levier, non un frein, à ses ambitions financières.


