Inconvénients PER : découvrez les inconvénients de ce produit d’épargne

Plus de 80 % des souscripteurs de PER découvrent après coup des règles fiscales qu’aucun simulateur n’avait vraiment mises en lumière. Le Plan Épargne Retraite promet un avenir plus serein, mais derrière l’affichage, la réalité se montre parfois moins flatteuse.

Le plan épargne retraite en bref : fonctionnement et promesses

Depuis sa création en 2019, le plan épargne retraite (PER) s’est imposé comme le produit de référence pour bâtir sa retraite. Il succède au PERP, au Madelin ou à l’article 83, et se décline en trois compartiments :

  • individuel ;
  • collectif ;
  • obligatoire.

C’est le PER individuel qui concentre la grande majorité des contrats ouverts par les particuliers, séduits par ce qui est présenté comme une formule souple.

Le principe ne laisse guère de place au doute : vous versez tout au long de votre carrière, profitez d’un avantage fiscal immédiat, puis, à l’heure de la retraite, vous récupérez votre capital ou une rente. Plusieurs modes de gestion sont proposés :

  • La gestion pilotée par horizon, qui ajuste automatiquement le niveau de risque selon votre âge ;
  • la gestion libre, pour ceux qui préfèrent garder la main sur leurs choix d’investissement.

Le PER affiche ensuite trois grandes caractéristiques, qui justifient son succès :

  • Déduction fiscale à l’entrée : les versements volontaires sont soustraits de votre revenu imposable, sous réserve du plafond légal.
  • Souplesse sur les supports : du fonds en euros sécurisé aux unités de compte plus dynamiques, chacun peut doser selon ses préférences.
  • Blocage de l’épargne : les fonds restent inaccessibles jusqu’à la retraite, sauf exceptions strictement listées (décès, invalidité, chômage, achat de la résidence principale).

L’ambition est claire : proposer un produit universel, adapté à tous les profils, pour maximiser l’optimisation fiscale au moment du départ à la retraite. Sur le papier, le PER plan épargne semble cocher toutes les cases. Pourtant, le sujet des frais, de la liquidité et des modalités de sortie continue d’alimenter les débats.

Quels avantages réels pour les épargnants ?

Si le PER a conquis plus d’un million d’épargnants, ce n’est pas un hasard. L’attractivité fiscale constitue le premier moteur d’adhésion. Déduire ses versements volontaires de son revenu imposable permet de réduire, parfois significativement, la pression fiscale. Le principe est limpide : chaque euro placé sur son plan épargne retraite vient alléger la note de l’impôt, dans la limite du plafond légal. Les contribuables imposés au-dessus de 30 %, cadres, indépendants, dirigeants, en tirent le plus grand bénéfice. Plus la fiscalité grimpe, plus l’économie immédiate est visible.

Autre argument mis en avant : la flexibilité à la sortie. Le PER autorise désormais le choix entre une sortie en capital ou en rente, ce qui n’était pas le cas pour les anciens PERP ou Madelin. Cette possibilité change la donne pour les épargnants qui souhaitent garder la main sur leur patrimoine au moment du départ à la retraite. En cas de projet immobilier, le déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale ouvre une porte sans pénalité sur le capital initial.

La gestion pilotée par horizon propose une exposition au risque ajustée à l’âge. Lorsque l’on est jeune, l’épargne s’oriente vers des supports dynamiques, unités de compte. À l’approche de la retraite, l’accent est mis sur la sécurité, réduisant l’impact de la volatilité. Ce pilotage automatique, associé à une large gamme de supports, répond à ceux qui souhaitent déléguer la gestion de leur capital.

Voici les atouts habituellement mis en avant par les distributeurs :

  • Avantage fiscal immédiat : baisse de l’impôt sur le revenu proportionnelle aux versements.
  • Sortie au choix : capital ou rente, selon la situation et les besoins.
  • Déblocage anticipé : achat de la résidence principale possible sans pénalité sur le capital.
  • Gestion pilotée : ajustement automatique de la prise de risque en fonction de l’âge.

Les inconvénients du PER : ce qu’il faut absolument connaître avant de souscrire

Mais le plan épargne retraite n’échappe pas à certaines faiblesses. Premier point de vigilance : la liquidité. Les sommes versées sur un PER restent indisponibles jusqu’à la retraite, sauf circonstances exceptionnelles (acquisition de la résidence principale, coup dur comme l’invalidité ou le décès du conjoint). Pour les habitués de l’assurance vie ou des livrets, cette immobilisation forcée peut être un frein.

La fiscalité à la sortie suscite également des crispations. En cas de sortie en capital, les gains sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. La rente n’offre pas toujours un meilleur sort : son régime fiscal reste complexe, parfois plus lourd qu’anticipé. Ce point est souvent sous-évalué lors de la souscription, au risque de doucher les espérances de rendement.

Autre écueil, et non des moindres : les frais. Frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage, de transfert… le cumul réduit la performance réelle. Les écarts entre établissements sont significatifs. Certains contrats ponctionnent jusqu’à 3 % à la souscription, avec des frais annuels sur unités de compte dépassant 1,5 %. Cette hétérogénéité oblige à comparer de près les offres avant de s’engager.

À cela s’ajoute la complexité administrative. Les différents compartiments (individuel, collectif, obligatoire) et les règles de transfert entre anciens produits obscurcissent la lisibilité du dispositif. Le risque de perte en capital n’est pas à négliger non plus, notamment pour la part investie en unités de compte. Même la gestion pilotée, bien qu’elle limite la casse, n’offre aucune garantie absolue.

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PER ou autre solution d’épargne : comment faire le bon choix selon votre profil

Pour arbitrer entre plan épargne retraite et autres dispositifs, il faut d’abord cerner ses besoins, sa tolérance au risque et ses priorités. Le PER s’adresse surtout à ceux qui subissent une pression fiscale élevée et qui acceptent de voir leur épargne immobilisée jusqu’à la retraite. Pour ces profils, la déduction des versements volontaires donne un coup de pouce immédiat, mais la liquidité restreinte et la fiscalité à la sortie ne doivent pas être prises à la légère.

L’assurance vie conserve son attrait pour ceux qui privilégient la flexibilité : gestion souple, disponibilité des fonds, fiscalité adoucie après huit ans et transmission facilitée. Ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine ou conserver une réserve mobilisable à tout moment y trouvent leur compte, d’autant que certains contrats multiplient les options d’arbitrage gratuit.

Pour des sommes modestes, ou la nécessité de pouvoir disposer rapidement de son argent, les livrets réglementés (type livret A) gardent leur pertinence, au prix d’une rentabilité limitée. Les comptes-titres, quant à eux, parlent aux investisseurs avertis, friands de diversification et de dynamisme, mais ils n’apportent pas d’avantage fiscal immédiat, contrairement au PER.

Le choix du support doit donc s’appuyer sur plusieurs critères : capacité à immobiliser son épargne, sensibilité à la fiscalité, projets de transmission ou d’appoint de revenus à la retraite. Les frais et la complexité de chaque produit font aussi la différence. Pour certains, le PER assurance constitue un vrai levier. Pour d’autres, la simplicité d’une assurance vie ou la réactivité d’un compte-titres pèsera plus lourd.

À chacun de mesurer son chemin, car l’épargne retraite ne se résume pas à une ligne sur un relevé bancaire : elle engage, pour des années, bien plus qu’un simple placement.

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